L’Inde et la France ont tissé depuis très longtemps, des relations d’amitiés. Des textes de voyageurs français du 18ème nous font découvrir une Inde inusitée, admirée qualifiée de « florissante » reconnaissant au travers de très beaux  textes, le raffinement, la tolérance, le pluralisme accueillant de la société, en pleine renaissance culturelle et politique après le centralisme moghol.

L'ind et la FranceD’ailleurs, les grands esprits de la France, de Voltaire à André Malraux, ont toujours reconnu la véritable dimension culturelle de l'Inde. En 1864, Michelet n'écrivait- il pas dans sa Bible de l'Humanité : « ... Il faut respirer, reprendre haleine, se refaire aux grandes sources vives, qui gardent l'éternelle fraîcheur. Où la trouver, si ce n'est au berceau de notre race, aux sommets sacrés d'où descendent ici l'Indus et le Gange, là les torrents de la Perse, les fleuves du Paradis ? … Une aimable paix y règne, et même au milieu des combats une douceur infinie, une fraternité sans borne qui s'étend à tout ce qui vit, un océan (sans fond ni rive) d'amour, de pitié, de clémence. J'ai trouvé ce que je cherchais : la bible de la bonté ! ».

Au 19ème et au 20ème siècle, la colonisation britannique a crée une distance, linguistique et économique avec la France ; Jusqu'au début du 19èmesiècle, les maharajas ont eu recours à des mercenaires français pour résister à la  puissante Compagnie des Indes et les cinq comptoirs français attestent de la présence française en Inde ; celui de Pondichéry jouera un rôle majeur en accueillant des réfugiés politiques indiens, dont Sri Aurobindo.

Sri Aurobindo lui même attachait beaucoup d’importance aux valeurs révolutionnaires, exprimées dans la devise : «Liberté, Egalité, Fraternité» qu’il commentait de la manière suivante : « Les révolutionnaires français étaient avant tout  désireux de parvenir à une liberté et à une égalité politique et sociale sans accorder d’attention suffisante à la fraternité ; c'est le manque de fraternité qui explique les lacunes de la Révolution Française. Sans l'esprit et la de la fraternité, ni la liberté ni l'égalité ne peuvent être maintenues au-delà d'une brève période. Les Français ignoraient l'aspect pratique de ce principe ; ils faisaient de la liberté la base, de la fraternité la superstructure, faisant ainsi reposer le triangle sur son sommet. Car en raison de la prédominance de la Grèce et de Rome dans leur imagination, ils étaient imbibés de l'idée de liberté et n'acceptaient que pour la forme le principe chrétien et asiatique de fraternité. Ils bâtirent en fonction de ce qu'ils connaissaient, mais le triangle doit être inversé afin de pouvoir tenir d'une façon permanente ».

Comme pour Sri Aurobindo en 1910, le gouvernement français à Pondichéry donna asile à Subramanian Bharati, qui était un très grand poète et un des révolutionnaires les plus fervents. Durant son séjour à Pondichéry il s'intéressa aux lettres et aux idées françaises, découvrit Victor Hugo et se prit de passion pour la devise républicaine. Il vint ainsi à apprendre le français et traduisit en tamoul quelques textes dont la Marseillaise. « Les trois mots d'ordre de la France - Liberté, Egalité, Fraternité, - quand ils seront pleinement compris par les hommes, se révèleront être, en réalité, les meilleurs phares de l'évolution humaine. »
(Subramanian Bharati : The Crime of Caste, 6 Octobre 1916).

Si la vision d’Auroville, est le fait de la Mère, française d’origine, l’Inde a accepté qu’elle s’incarne sur son sol, tant sur un plan spirituel que matériel.